Bonheur, etc.

Carnet de voyage de Diep et Jules


2004-01-28

De la famille, du poulet et tutti quanti!
(Saigon, 29 janvier 2004) - Nous sommes a Saigon depuis avant-hier. On ne peut pas dire qu'on s'ennuie... je ne vois pas le temps filer. Hier, j'ai revu ma grand-mere pour la deuxieme fois de ma vie. Elle s'etait habillee toute chic pour l'occasion. Et j'etais surprise qu'elle se souvienne de plusieurs mots en francais, une langue dont elle ne se sert plus. Elle nous a offert des fruits confits et a recite un poeme sur le fruit du lotus en vietnamien. Meme si je comprends le langage courant, quand on passe au langage plus litteraire, on me perd. Alors quand elle m'a demande de traduire le poeme pour Jules, disons que j'ai invente une nouvelle version dudit poeme!

Nous avons aussi visite une autre tante, qui parle couramment le francais. Elle nous a souhaite de la sante et puis, elle a enonce un autre mot en vietnamien que je ne comprenais pas. Comme elle ne se rappelait plus de l'equivalent francais, j'ai commence a reciter tout ce qu'on pouvait souhaiter a quelqu'un pour la nouvelle annee: la longevite, la prosperite, la joie... Et puis, j'ai dit le mot "bonheur" et c'etait ca, le mot tant cherche!

Je suis venue pour une premiere fois a Saigon, il y a onze ans. Aujourd'hui, je trouve la ville moins bruyante et il me semble que ce n'est pas aussi populeux qu'avant. Pourtant, en 1993, il n'y avait pas autant de motos. Les velos et les cyclos tenaient le haut du pave (c'est le cas de le dire!). C'est peut-etre qu'apres avoir vu la Chine et l'Inde, je me suis habituee au bruit et a la densite de population.

Hier soir, nous sommes alles manger au quartier chinois. Mon oncle a pris la resolution d'etre vegetarien pendant trois ans. Jules et lui ont mange la meme chose, une soupe thailandaise qui semblait bien bonne. Pour les autres, les carnivores, il faut bien sur specifier qu'on ne veut pas de poulet, ni de canard ou d'oeufs.

Au marche, a la campagne, on vendait encore des poulets. Ici, je crois qu'il n'y en a pas. On lisait dans le journal, ce matin, que 66 personnes ont ete contaminees par la grippe aviaire au Viet-nam. Ennio, le voyageur et agriculteur italien rencontre au Cambodge, ne serait pas surpris. Il a visite les fermes de plusieurs pays et disait que l'elevage et l'agriculture au Viet-nam et en Thailande etaient dictes par la recherche du profit maximal. La semoule donnee aux animaux n'est pas de qualite, les betes sont coincees dans de petites cages... Pour Jules, tout cela ne fait que confirmer ses convictions alimentaires. Je n'avais plus entendu le mot "biologique" dans sa bouche depuis plusieurs semaines, mais la, ca revient!
Feerique Saigon
(Saigon/Ho Chi Minh Ville, 29 janvier 2004) - Depuis deux jours, nous decouvrons Saigon. Nous sommes arrives en peniche (chargee de cocos et de bananes) apres un trajet de 75 km, parcouru en une dizaine d'heures. La riviere me faisait penser au Richelieu (Quebec, Canada), l'ete, par temps chaud et humide. A certains passages, ou bien a la vue d'une navette de police, je devais me cacher dans la petite soute au-dessus du moteur. Il faisait chaud et c'etait bruyant la-dedans. Mais ca ne durait pas longtemps... C'est sans doute le prix a payer pour avoir une experience authentique (hors du circuit touristique). Le capitaine et son equipier nous ont nourris comme des oies pendant tout le voyage. Comme ils trouvaient que je ne mangeais pas beaucoup, le capitaine s'est inquiete et m'a demande: "si j'allais au Canada, est-ce qu'il y aurait assez de nourriture pour moi?" (traduction)!

Arrives a Saigon sur l'eau, descendus en pleine ville comme des marins d'eau douce, nous avons pris un taxi avec nos sacs.

Il y a peu de voitures a Saigon, mais beaucoup de motos... Des motos, il y en a beaucoup, beaucoup... La parade commence le matin vers 4 heures et se termine vers 1 heure dans la nuit. Durant tout ce temps, Saigon resonne de tous ses klaxons: le camion tente de se frayer un passage "pooon-pooon", et les motos, "vrooom vrommm bip bip" dans une fanfare frenetique. Apres un certain temps, on s'habitue et on n'entend plus. Et puis, lorsqu'on se deplace, nous aussi a moto, on entre dans la danse et Saigon de jour ou de soir -inondee de soleil tropical ou eclairee de tous ses feux- est magnifique, magnetique, fluide.

En apres-midi, il est tombe quelques goutes de pluies. Nous marchions avec notre ami Vincent. Nous sommes entres dans le premier cafe pour placoter. Nous avons parle des cours de vietnamien suivis ensemble a Montreal et, bien sur, de Radio-Canada. Nous y avons tous les trois travaille... Vincent est a Saigon depuis 5 mois. Son vietnamien s'ameliore. Il suit des cours de langue vietnamienne a l'universite et donne quelques lecons de francais. Les gens comme Vincent a Saigon sont sans doute aussi rares que la pluie durant la saison seche!