Bonheur, etc.

Carnet de voyage de Diep et Jules


2003-12-03

Indian Blues
(McLeod Ganj, 3 decembre 2003) - Notre sejour en Inde tire deja a sa fin. Nous avons a peine effleure ce pays d'une insondable profondeur a travers un rapide passage dans le Nord. Cinq semaines, c'est bien peu pour visiter une planete inconnue! Il est tres clair que nous allons revenir et rester plus longtemps.

Notre prochain voyage, ce sera six regions de l'Inde plutot que six pays. Parmi tous les voyageurs rencontres ici, la plupart en sont a leur deuxieme, troisieme, ou x-ieme voyage. Certains vivent maintenant en Inde et voyagent a l'interieur du pays comme a l'interieur d'eux-memes.

Mais l'Inde n'est pas un pays facile. C'est tres intense comme a Varanasi et Delhi. C'est peuple, d'aspect chaotique, aussi different de Montreal que l'air et l'eau. On n'arrive pas en Inde, on y plonge. Et vaut mieux savoir nager!

Je repars donc enrichi d'une experience unique. Ma vie est changee. Mais elle va continuer a changer chaque jour, meme sur la rue Cartier a Montreal. L'intensite decouverte en Inde, je pense qu'elle est partout. Oui, il faut parfois aller au bout du monde pour decouvrir ce qui se trouve dans son propre jardin, a la maison...

Notre programme des prochaines heures:
Ce soir, (au Quebec, ce sera la journee du 3 decembre), nous prenons le bus pour Delhi. Nous avons pris un "deluxe", trajet de 12 heures dans un bus avec sieges reserves, individuels, avec appuie-tete et appuie-bras. Nous passons la journee de demain a Delhi (au Quebec, ce sera la nuit; sans doute que nous allons dormir aussi durant la journee de demain)... Demain soir, nous prenons l'avion pour Bangkok, a 1h du matin. Un autre voyage commence!

Si le coeur vous en dis, ecrivez-nous un petit quelque chose en cliquant sur "Vos commentaires"! C'est facile et ca fait plaisir!
L'autre cote de la medaille
(McLeod Ganj, 3 decembre 2003) - Lorsque nous etions au Tibet, en territoire chinois, je me disais: "Mais de quoi se plaignent-ils, ces Tibetains, ils sont tres bien comme ca!" Mais j'avoue etre contente d'avoir vu l'autre cote de la medaille, ici, a Dharamsala.

En Chine, c'etait difficile d'entrer en contact avec les Tibetains. Les rapports etaient strictement d'ordre commercial: c'est 6 yuans, merci bonjour. Les Tibetains, pourtant reconnus pour leur chaleur, etaient peu souriants.

Tranquillement, je comprends un peu mieux ce qui se passait. Il faut dire qu'en Chine, nous ne sentions pas vraiment la repression dont etaient victimes les Tibetains. Mais ici, on rencontre des refugies tibetains qui ont traverse les Himalayas a pied pour fuir leur pays. Et ils parlent de discrimination raciale, de torture, de repression de leur liberte d'expression.

Au Tibet, lorsque nous visitions des monasteres, les moines nous evitaient. Je me disais, "Ils ne sont pas tres fiers de leur monastere... Ils ne veulent pas nous le montrer..." Mais il semblerait que tout contact avec les etrangers pouvait etre suspect... que le Parti surveillait etroitement les allees et venues des moines. Enfin, c'est ce que j'ai lu par la suite. Mais la encore, on n'a pas acces a toute l'histoire.

En Chine, j'ai lu des revues destinees aux touristes et qui parlaient de "liberation pacifique" du Tibet. Ici, a Dharamsala ou se trouvent les refugies tibetains et le gouvernement tibetain en exil, on parle plutot d'"occupation". Les Chinois sont convaincus qu'ils ont sorti le Tibet du Moyen-Age et que leurs politiques ont permis aux Tibetains d'etre mieux eduques et d'avoir acces a des soins de sante. Les Tibetains en exil, eux, disent que les pratiques du gouvernement chinois mettent en peril leur culture, leur religion, leur acces a l'emploi et au logement.

Difficile d'y voir clair dans tout ca... Mais une chose, par contre, demeure evidente pour moi: les Tibetains sont tres chanceux d'avoir un leader aussi clairvoyant que le Dalai-Lama. Sa sagesse, sa politique de non-violence et sa volonte d'oeuvrer pour la paix sont un atout inestimable pour faire avancer la cause du Tibet.

Et nous, dans tout ca... que faire? Certains proposent de boycotter les produits faits en Chine. Les collants "I don't buy products made in China" sont apposes un peu partout dans les vitrines des commerces a Dharamsala. Mais est-ce vraiment une solution? Je ne sais pas... Si la Chine s'ouvre davantage au commerce exterieur, ne sera-t-elle pas plus dependante de ce que les autres pensent? Et consequemment, assouplira-t-elle sa politique envers les Tibetains? Qu'en pensez-vous? (J'aimerais bien savoir ce que vous en pensez... Ecrivez-nous en cliquant sur le lien "Vos commentaires" au bas de ce texte!)

Quelques sites de reference

Point de vue tibetain:
Site du gouvernement tibetain en exil (en anglais)

Site du Centre tibetain pour les droits humains et la democratie (en anglais)

Point de vue chinois:
Resume de la position du gouvernement chinois (en anglais)

Journal chinois avec articles sur le Tibet (en plusieurs langues)

Point de vue exterieur (pro-Tibet):
Centre d'information sur le Tibet base en Angleterre (en anglais)